Quand le temps est à l'orage ....... (textes de Gaston Couté)

 

 

"Couté? le dernier des poètes maudits " E. Pillet

 

Pourquoi?

 

L'interêt pour les textes de Gaston Couté exprimé par le public lors de nos représentations du "Semeur d'allumettes", les encouragements reçus (voir "le semeur d'allumettes" onglet réactions) nous  ont donné l'envie d'approfondir notre recherche, d'élargir notre répertoire, et ainsi de faire résonner plus largement encore la voix trop méconnue de Gaston.

Bien des textes exclus du montage initial pour des raisons matérielles auraient pu y figurer et interpeller le public d'aujourd'hui autant que ceux que nous avons retenus.

De plus, notre "Semeur d'allumettes" était une création théâtrale, conçue pour une scène de théâtre , avec un décor, un plan de feux, une régie...et il ne pouvait guère être joué ailleurs que dans un théâtre .

Ces trois raisons nous ont conduits à envisager une autre forme, plus légère, plus transportable et transposable en divers lieux, mais élaborée sur la même structure, alternant textes de "La Guerre Sociale" et autres textes. Ainsi est né "Quand le temps est à l'orage"

Lorsque Gaston Couté disait ses textes à Montmartre, il se produisait dans les cabarets, mais aussi, et souvent après 1903, dans d'autres lieux de rencontres souvent improvisés. Nous avons voulu concevoir une forme, où le chansonnier aurait la part belle, une forme  souple, à géométrie variable, une forme jouable partout: dedans, dehors, dans les bibliothèques, les cafés  et tous autres lieux possibles de rencontre avec le public.

Ainsi a pris corps l'idée de cette nouvelle création.

Son titre :" Quand le temps est à l'orage ......."

Création le 28 septembre 2013, à Saint Pierre des Corps, un an après le "Semeur d'allumettes"

 

 

LE PROJET:

 

Cheminer aux côtés de Gaston Couté, le poète et le chansonnier. 

Semer ses mots libres et pleins de vie.

Raviver sa langue d¹une poésie si singulière.

Pétrir la chair des mots des textes les plus connus de Couté avec la sève

des chansons d¹actualité de la « Guerre Sociale,

 

 

LES MORCEAUX CHOISIS:

 

Admirateurs passionnés des écrits "habituels" de Gaston Couté, nous nous sommes aussi intéréssés aux textes moins connus, produits, lorsqu'il était chansonnier pour "la Guerre Sociale", entre juin 1910 et juin 1911 (date de sa mort). Ce sont des textes de circonstances, à chanter sur d'autres airs connus à l'époque, alliant indignation, dérision et humour. Ils soulignent la force de l'engagement de Gaston Couté à la fin de sa vie-il meurt à 31 ans- et donnent à ses écrits antérieurs, plus classiques, un éclairage nouveau.

 

Ainsi, autour de textes connus comme: Le Foin qui presse, Môssieur Imbu,, les Electeurs, le Fondeur de canons, la Complainte des ramasseux d'morts, le gars qu'a mal tourné, s'articulent les textes du chansonnier Couté, parus dans "La Guerre Sociale" tels que: la Berceuse du dormant, Pitou lit la  guerre sociale, Ubu président,, Premier mai

photos François Manrique

 

Le spectacle:

 

Bien connu pour avoir élevé le patois beauceron au rang d'une langue littéraire aux images saisissantes et pour évoquer la réalité de la vie en France au début du 20ème siècle, Gaston Couté, le poète s'est fait, à la fin de sa courte vie, chansonnier de "la Guerre Sociale", journal libertaire, ajoutant ainsi, à la permanence de ses tableaux de la vie quotidienne, la fulgurance de ses visions.

C'est cette alternance qui constitue l'originalité et le coeur du spectacle. Elle en fait un moment où tragique et comique se télescopent, se côtoient, se superposent et se nourrissent; un moment humain et profond qui ravive nos racines,et qui nous parle fort aujourd'hui.

Loin d'être un frein à une diffusion large du spectacle, la langue de Couté, facilement compréhensible, éclaire d'une poésie singulière un propos qui résonne chez chacun de nous: l'absurdité de la guerre, la condition des femmes, les mesquineries du quotidien, le fonctionnement des institutions, le plaisir de vivre simplement et pleinement..

Le décor est léger, un orgue de barbarie, une grosse caisse, un bugle et 2 comédiens sur le plateau. L'ensemble est sobre et percutant: une belle invitation à nous indigner et à résister

 

 

 

 

Alle avait dit "oui" songeant sans malice,

Ell'dont l'corps brûlait à l'air des bieaux jours

Qu'c'en était, des foués, coume un vrai supplice:

"Quand on a eun houme, on a d'l'amour!"

 

Et la v'la fourchant le treufe incarnat.....

Le foin qui presse

 

 

 

 

Photos noir et blanc : Hervé Rigault

La presse