Le Semeur d'allumettes

sur des textes de Gaston Couté

Création le 23 septembre 2012

La Fabrique- Meung sur Loire

 

 

 

 

 

Avec Anne Luneau et Philippe Marchand

Mise en scène: Magali Berruet assistée d'Arnaud Chevalier

Travail vocal: Christelle Grosjean

 

 

 

"Ousqu'est mes allumettes?....A sont

Dans l'fond d'ma pannetière....

Et j'f'rai ben r'culer vos mouessons,

Ah! les mangeux d'terre"

 

 

Avec ce "Semeur d'allumettes" sonnent et résonnent aujourd'hui les mots, les textes, la vision du monde de Gaston Couté.

 

Le semeur travaille pour l'avenir, produit quelque chose qui s'inscrit progressivement dans la durée, qui germera, arrivera lentement à maturité et sera bénéfique.

L'allumette est au contraire l'éclat intense d'un instant fugitif, à l'image du passage éclair de Gaston Couté en ce début de XXeme siècle.

 

                              A la fois fulgurance et permanence......

 

LE PROJET:

 

Cheminer aux côtés de Gaston Couté, le poète et le chansonnier. 

Semer ses mots libres et pleins de vie.

Raviver sa langue d¹une poésie si singulière.

Pétrir la chair des mots des textes les plus connus de Couté avec la sève

des chansons d¹actualité de la « Guerre Sociale,

 

 

LES MORCEAUX CHOISIS:

 

Admirateurs passionnés des écrits "habituels" de Gaston Couté, nous nous sommes aussi intéréssés aux textes moins connus, produits, lorsqu'il était chansonnier pour "la Guerre Sociale", entre juin 1910 et juin 1911 (date de sa mort). Ce sont des textes de circonstances, à chanter sur d'autres airs connus à l'époque, alliant indignation, dérision et humour. Ils soulignent la force de l'engagement de Gaston Couté à la fin de sa vie-il meurt à 31 ans- et donnent à ses écrits antérieurs, plus classiques, un éclairage nouveau.

 

Ainsi, autour de textes connus comme: Le Foin qui presse, Môssieur Imbu, les Bornes, les Electeurs, le Fondeur de canons, la Complainte des ramasseux d'morts, le gars qu'a mal tourné, s'articulent les textes du chansonnier Couté, parus dans "La Guerre Sociale" tels que: la Berceuse du dormant, Pitou lit la  guerre sociale, Ubu président, Nib de conspirateurs, Ah moi j'm'en, les Loups, Premier mai

 

 

 

 

Gaston Couté:L'gars qu'a mal tourné

 

  Né en 1880 et mort en 1911... révolté, libertaire, farouchement indépendant, sincère et fidèle à lui-même. Pas de concession... il en mourra. La parole est aux exclus, aux faibles, aux victimes de la bêtise et de l'hypocrisie humainedont il est un observateur sans faille. Personne ne sera épargné. Pas de théorie, la poésie comme unique moyen d'expression et de combat.

Un poète essentiel, une oeuvre d'une richesse exceptionnelle, ironique, caustique et pourtant... ignorée à l'école comme à l'université."Le dernier des poètes maudits" écrit E. Pillet

 

"Une révolte qui nous parle aujourd'hui et d'aujourd'hui....un propos qui nous met en révolte et en réflexion" François Paul Robin: Gaston Couté: une poétique de la révolte

 

"Une langue méprisée: le patois, est transmuée en un verbe éclatant pour dire un monde déchiré de contradictions" E. Pillet Le dernier des poètes maudits

 

 

Le spectacle:

 

Bien connu pour avoir élevé le patois beauceron au rang d'une langue littéraire aux images saisissantes et pour évoquer la réalité de la vie en France au début du 20ème siècle, Gaston Couté, le poète s'est fait, à la fin de sa courte vie, chansonnier de "la Guerre Sociale", journal libertaire, ajoutant ainsi, à la permanence de ses tableaux de la vie quotidienne, la fulgurance de ses visions.

C'est cette alternance qui constitue l'originalité et le coeur du spectacle. Elle en fait un moment où tragique et comique se télescopent, se côtoient, se superposent et se nourrissent; un moment humain et profond qui ravive nos racines,et qui nous parle fort aujourd'hui.

Loin d'être un frein à une diffusion large du spectacle, la langue de Couté, facilement compréhensible, éclaire d'une poésie singulière un propos qui résonne chez chacun de nous: l'absurdité de la guerre, la condition des femmes, les mesquineries du quotidien, le fonctionnement des institutions, le plaisir de vivre simplement et pleinement..

Le décor est léger, 2 comédiens sont sur le plateau, la mise en scène de Magali Berruet est sobre et percutante: une belle invitation à nous indigner et à résister